Cetamada | La mangrove de Sainte-Marie, un écosystème fragile
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La mangrove de Sainte-Marie, un écosystème fragile

Si la notoriété actuelle de Sainte-Marie, destination touristique majeure à Madagascar, s’est construite autour de l’observation des baleines, peu de visiteurs connaissent la place et l’importance de sa mangrove. Cet écosystème tropical, situé sur la partie Est de l’île, large de plus de 300 hectares, joue un rôle vital dans le quotidien des saint-mariens. Il offre également un cadre somptueux pour ceux qui s’aventurent dans ses canaux. Cétamada a encadré en août dernier un état des lieux de la mangrove de la Baie des Forbans.

Mieux connaître pour mieux protéger

C’est Anjara Andriantsoa, étudiante à l’Ecole supérieure des sciences agronomiques d’Antananarivo, qui a réalisé cette étude. Sa mission a consisté à réaliser des inventaires de palétuviers, l’arbre roi de la mangrove, et aller à la rencontre de la population locale pour évaluer les liens qu’elle entretient avec cet écosystème. Pour réaliser ce recensement, Anjara a mis en place des placettes – surface de 10 mètres sur 10 – et notifié toutes les espèces observées. 7 variétés de palétuviers ont ainsi pu être répertoriées parmi les 3000 spécimens recensés.

Une ressource indispensable pour la population locale

La pêche étant l’activité principale des saint-mariens pour subvenir à leurs besoins, la mangrove est pour eux une ressource locale indispensable. Crevettes, crabes et poissons sont foisons dans cet habitat. Les feuilles et graines de palétuviers sont connues de tous comme ayant des vertus curatives. La mangrove joue également un rôle protecteur en cas de catastrophes naturelles. Elle stoppe les ras de marais en freinant la montée des eaux et protège la faune (poissons, crustacés, …) pendant les cyclones.

Un écosystème menacé

En 2014, la construction de la digue sur l’îlot Madame a eu des conséquences considérables et immédiates sur la mangrove de la Baie des Forbans. L’absence d’étude préalable sur les impacts environnementaux a été fatale pour de nombreux poissons et des hectares de palétuviers. Ces derniers bénéficient pourtant d’une capacité d’adaptation remarquable. En empêchant l’arrivée d’eau salée, la construction de la digue a déstabilisé l’équilibre et favorisé l’érosion de cet écosystème. L’état des lieux réalisé par Anjara a permis de constater une dégradation plus importante de la mangrove de la Baie des Forbans, comparée à celle de la Baie d’Ampanihy, située plus au Nord de l’île.

Les saint-mariens utilisent les palétuviers comme bois de chauffage et bois d’œuvre. Les villages et les surfaces cultivées gagnent du terrain, au détriment de la mangrove. La proximité des habitations favorise les pollutions diverses (ordures ménagères, …). Le matériel utilisé (moustiquaires, filets à mailles petites, …) et le non respect des périodes de pêche complètent la liste des pressions exercées par l’activité humaine. La recherche de solutions s’impose.

Sensibiliser et trouver des alternatives à la pêche

Le VOI de Saint-Joseph, une association environnementale locale, veille à la préservation de la mangrove depuis plus de 13 ans. Sa mission, délicate, consiste à s’assurer que personne ne coupe illicitement les palétuviers. Les échanges entre Anjara et Mr. Abdala, le gestionnaire, ont soulevé la difficulté d’appliquer la réglementation dans la mesure où elle va à l’encontre de pratiques locales et de projets de plus grande ampleur.

Dans son rapport, Anjara évoque le besoin de dispositifs permettant de mieux faire circuler l’eau vers la mangrove, comme l’élargissement des canaux.

Elle suggère également plusieurs pistes d’activités économiques durables pouvant se substituer aux pratiques actuelles : développer des jardins potagers, former la population locale à l’artisanat, etc.

La mise en place du centre communautaire Anjaranay s’inscrit dans cette perspective.

Sur le long terme, la protection de cet écosystème passe par une sensibilisation accrue de la population : transmettre les connaissances dans les écoles, organiser des débats et des conférences avec la population de l’île, etc.

Cétamada œuvre dans ce sens et participera du mieux possible à la préservation de la mangrove saint-marienne.



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