Cetamada | Étude des baleines à bosse
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Au cours du 20ème siècle, la chasse intensive à la baleine a fortement réduit les effectifs sur l’ensemble des océans du globe. En 1979, l’Océan Indien a été déclaré Sanctuaire des baleines par la Commission Baleinière Internationale (CBI – http://iwcoffice.org/) apportant ainsi une protection totale des populations de grandes baleines dans leurs aires de reproduction et de mise bas. 

La CBI a désigné la population de baleines à bosse de l’ouest de l’Océan indien comme le stock reproducteur ou population C dont l’aire de distribution se dessine de la côte est de l’Afrique du Sud aux côtes malgaches (IWC, 1998).

Ce stock se divise en trois selon trois sous-régions: C1 (côte est de l’Afrique du Sud au Mozambique), C2 (Canal du Mozambique jusqu’à l’Archipel des Comores) et C3 (eaux côtières de Madagascar) (Best et al. 1998). A ces trois sous-régions a été ajoutée une 4ème qui comprend l’île de La Réunion et l’île Maurice (IWC, 2008a). Les baleines à bosse y sont largement présentes durant les périodes de reproduction et de mise bas. Cependant, la dynamique, les échanges et le chevauchement entre les sous populations de baleines à bosse du stock C sont complexes et mal compris (Cerchio et al. 2009 ; Fleming and Jackson, 2011). La proximité géographique et les déplacements d’animaux observés entre ces différentes régions remettent aujourd’hui en cause la délimitation de ces sous stocks et rendent nécessaire une étude approfondie des échanges entre ces sous populations pour préciser la structure du stock C (Rosenbaum et al. 2009 ; Ersts et al. 2011).

Depuis 2009,  Cetamada collecte des données sur les baleines à bosse qui fréquentent les eaux de Madagascar (observations visuelles, acoustiques, échouages) et en particulier le canal de l’île Ste Marie. Par ses observations continues (structurée en base de données), l’association a montré que le canal Ste Marie est un haut lieu d’activité de reproduction et de mise bas (e.g. interactions à caractère compétitif entre mâles, naissance de baleineau (Faria et al. 2011)). 

Quels sont l’abondance et le taux de croissance des différentes sous-populations ? Quels sont leurs déplacements au sein de ces aires de reproduction et de mise bas ? Quelles sont leurs activités durant cette période ?

Les baleines à bosse parcourent plusieurs milliers de kilomètres entre les aires d’alimentation estivales situées dans les hautes latitudes des deux hémisphères et les aires de reproduction hivernales dans les eaux tropicales ou subtropicales. Cependant, les routes migratoires et les zones d’alimentation des baleines des différentes sous-populations restent peu ou mal connues. Des routes migratoires vers les zones de reproduction ont été suggérées (le long de la côte sud-est de l’Afrique du Sud, côte-est de Madagascar et au sein du canal du Mozambique), fondées sur des observations en mer et depuis les côtes (Best et al., 1998), mais restent incomplètes en raison du caractère limité de ces données.

Notons également que le schéma migratoire des baleines à bosse pourrait être plus complexe que l’hypothèse nord-sud généralement avancé pour cette espèce (Barraff et al., 1991, Clapham et al., 1993). En effet, Stevick et al. (2010) ont, pour la première fois, mis en évidence une migration de 10 000 km concernant une femelle baleine à bosse entre l’Amérique du Sud et Madagascar. Il reste donc un énorme travail à accomplir pour clarifier ces hypothèses, décrire les schémas migratoires, comprendre les stratégies alimentaires de ces différentes sous-populations et caractériser leurs déplacements dans les zones de reproduction.

Démarche et méthodologie

Le but principal est d’évaluer la population reproductive du sous-stock C3 (Madagascar) dans le Canal de Sainte-Marie, et d’étendre, si possible, la méthode à d’autres zones de Madagascar.

Différentes méthodes sont utilisées, allant des observations terrestres et marines jusqu’aux survols aériens. Une continuité dans la méthodologie est proposée pour identifier de possibles tendances dans la migration de cette population. Grâce à l’utilisation de ces méthodes, Cétamada garantit une expertise et tout l’équipement nécessaire (incluant des observations aériennes, à bord des bateaux avec des guides spécialisés et des pilotes formés).

Méthode 1 : OBSERVATIONS VISUELLES ET PHOTO-IDENTIFICATION

Les données issues des observations visuelles permettent de déterminer la présence et la distribution géographique des baleines dans les régions étudiées. Au cours de transects linéaires et de recherche focale, des photos sont prises à partir d’embarcations d’observation selon le protocole de photo-identification qui permet d’identifier chaque individu grâce aux marques naturelles portées par la face ventrale de la nageoire caudale et au minimum le côté gauche de la nageoire dorsale (IWC, 2008b). 

Méthode 2 : ENREGISTREMENTS ACOUSTIQUES

L’enregistrement des vocalises des mâles chanteurs permet de déterminer leur présence et de les localiser. Depuis 2009, le CNPS en partenariat avec Cétamada a mené un travail portant sur l’analyse automatique des chants de baleines à bosse.

 

Le projet Baobab (Balise et acoustique pour l’observation des baleines à bosse) de 2012 à 2014, a permis de mettre en place un dispositif d’enregistrement 24h/24 des chants sur 3 stations dans le canal de Sainte Marie.
Il s’agit ici d’observer tous les chanteurs en même temps dans le but de(1)Les détecter (2)Les localiser.

Méthode 3 : PRELEVEMENTS POUR ANALYSE GENETIQUE

L’analyse génétique a pour objectif :

  • De renseigner d’abord sur le ratio male/femelle présents dans les zones d’étude.
  • De permettre d’avoir des informations sur les interactions entre les différents individus des différents sous-stocks.

 En 2012, nous avons initié une banque de données génétique de baleines à bosse. Les prélèvements génétiques seront réalisés pour un projet de 10 ans. 

Méthode 4 : POSE DE BALISES ARGOS

Les balises Argos:

Ils permettent d’avoir des positions successives au cours du temps.
Avec cette approche, il s’agit de contribuer à la description des temps de résidence des individus sur le lieu de marquage, les déplacements entre ces sites, et les éventuels échanges avec les autres sous-stocks de la région.