Cetamada | Scientifique
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« Connaître pour mieux protéger »

Avec près de 200 000 individus tués au siècle dernier dans l’Océan Austral par la chasse industrielle, la population de baleines à bosse a décru de plus de 70%, et certains stocks ont été décimés à plus 90%. A l’heure actuelle, la tendance de la population mondiale est en augmentation (IUCN, www.iucnredlist.org), bien que nous soyons encore très loin des effectifs initiaux, avec une population actuelle estimée, pour l’hémisphère sud, à quelques 35 000 individus par la Commission Baleinière Internationale (CBI, iwc.int).
Au-delà de la chasse, c’est également les impacts potentiels de toutes les activités humaines sur les populations de cétacés qui doivent maintenant être évalués (captures accidentelles, interactions avec les outils de pêche, trafic maritime et collisions, pollutions sonores et chimiques).
Les programmes scientifiques sont également utiles pour l’aide à la décision de plusieurs instances internationales et régionales, telles que la Commission de l’Océan Indien (COI, www.ioc-cetaceans.org), qui regroupe les îles de l’Océan Indien, et qui a ratifié un accord stratégique visant à protéger les cétacés évoluant dans ses eaux. 

Consciente de la nécessité de protéger les mammifères marins de Madagascar et leur habitat, Cétamada s’engage à développer la collecte de données scientifiques dans le sanctuaire de l’Océan Indien. Elle s’investit plus particulièrement dans le suivi des baleines à bosse migrant autour des 5 600 km de côtes.

L’assocaition Cétamada dans Nausicaa :  

    – Annuaire Naussica

    – Catégories B544.62 (Biologie / Zoologie / Mammifères Marins)

    – Environnement / Généralités

Les techniques employées :

  • La photo – identification
  • L’enregistrement acoustique
  • Les prélèvements génétiques
  • La pose de balises satellitaires
  • L’étude comportementale
  • Les transects aériens et maritimes

Dans le cadre d’un programme de science participative, Cétamada est la première association à but non lucratif de l’Océan Indien à avoir mis en ligne une base de données  permettant la mutualisation et la gestion des données scientifiques sur les cétacés de cette région : www.cetanet.org. 

Projet ET.CET.R.A

Le projet ET.CET.R.A (ETude des CETacés de la Réunion et Actions de coopération régionale), qui a débuté en Avril 2018, est réalisé en partenariat avec Cétamada, Mada Megafauna et la Mauritius Marine Conservation Society. Il est financé par l’Union Européenne et la DEAL Réunion dans le cadre du programme FEDER INTERREG.

Son objectif principal est de favoriser la préservation des cétacés fréquentant les eaux du sud-ouest de l’océan Indien, par 3 moyens :

1) Améliorer les connaissances relatives à la biologie et l’écologie des cétacés de la zone sur le plan local et régional

2) Intensifier la collaboration des acteurs de la zone (partage de données, échange d’expertises, harmonisation des protocoles, mise en place d’études collaboratives)

3) Diffuser les connaissances acquises sur les cétacés auprès du grand public et de la communauté scientifique

Le projet ET.CET.R.A se divise en deux grandes actions, l’une portant sur les baleines à bosse, et l’autre sur les dauphins côtiers.

Action 1 : Etude collaborative des baleines à bosse du sud-ouest de l’océan Indien

Il s’agit de mieux comprendre les modes d’utilisation des sites de reproduction des baleines à bosse dans le sud-ouest de l’océan Indien, grâce à différents types de suivis :

Observation et photo-identification des baleines à bosse 

Des données d’observation et de photo-identification seront collectées à La Réunion pour étudier la fréquentation de la baleine à bosse et de ses variations interannuelles autour de l’île. Des photographies de nageoires caudales seront également collectées à Madagascar, sur les îles de Sainte-Marie et Nosy-Be, afin de les comparer à celles de La Réunion (sur une plateforme de comparaison en ligne appelée Flukebook). Cela permettra d’analyser les éventuels déplacements des individus entre ces différents sites de reproduction.

Analyse des données environnementales

Pour tenter de comprendre les facteurs environnementaux qui peuvent influencer les variations interannuelles de la fréquentation des baleines à bosse, des données environnementales issues d’images satellites (température, chlorophylle, etc.) seront croisées avec les données historiques de fréquentation de La Réunion.

Enregistrement des chants de baleines à bosse

Des hydrophones seront déployés en 3 endroits à La Réunion afin d’enregistrer les chants de baleines à bosse et affiner ainsi la comparaison des niveaux de fréquentation des baleines autour de l’île. D’autres hydrophones seront posés dans les eaux de Sainte-Marie, Fort Dauphin, Tuléar et Nosy Be afin de comparer les niveaux de fréquentation entre les différents sites de reproduction de Madagascar et avec ceux de La Réunion. La structure des chants sera également analysée afin de vérifier d’éventuels connexions et sens de migration entre ces sites.

Action 2 : Approfondir les connaissances sur les dauphins côtiers du sud-ouest de l’océan Indien

Pour acquérir de nouvelles connaissances sur les populations de dauphins côtiers de La Réunion et du sud-ouest de l’océan Indien, deux types d’activités sont prévues :

Observation et photo-identification des dauphins côtiers

Des données d’observation et de photo-identification de dauphins côtiers seront collectées à La Réunion, pour d’une part suivre l’évolution des effectifs des populations, et d’autre part améliorer les connaissances relatives à l’habitat et l’aire de distribution du grand dauphin commun, du dauphin long-bec et du dauphin tacheté pantropical. Il s’agira par ailleurs de comparer les catalogues de dorsales de dauphins long-bec de La Réunion, Madagascar et Maurice, et les catalogues de grands dauphins communs de La Réunion et Maurice, pour étudier le niveau de connectivité des populations de chaque île.

Prise de biopsies

Afin de réaliser, à terme, une étude génétique régionale sur les populations de dauphins côtiers, en vue notamment de vérifier le degré d’isolement des populations résidentes de La Réunion, des échantillons seront collectés à La Réunion et à Madagascar afin de compléter les données disponibles sur les grands dauphins et les dauphins long-bec.

Partenaires financiers du projet