Microbiote respiratoire des baleines à bosse : un nouvel indicateur de santé


Depuis 2018, notre équipe développe un programme innovant visant à évaluer l’état de santé des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) grâce à l’étude de leur microbiote respiratoire. Ce projet, poursuivi en 2023, repose sur l’analyse génétique des bactéries présentes dans les souffles des baleines, collectés de manière peu invasive.

Objectifs du projet

L’objectif principal est de déterminer si la composition du microbiote respiratoire peut servir d’indicateur fiable de l’état sanitaire des baleines à bosse. À terme, cette approche pourrait fournir un outil standardisé pour suivre la santé des populations dans différents océans.

Méthodologie

Les échantillons de souffle sont collectés :

  • soit à l’aide de drones (campagne 2018),

  • soit directement à la main à l’aide de dispositifs stériles (2018 et 2023).

Ces prélèvements sont ensuite analysés par méthodes génétiques afin d’identifier les communautés bactériennes présentes dans le système respiratoire.

Le projet s’inscrit dans une approche multidisciplinaire où les données microbiologiques sont comparées à d’autres indicateurs de santé, notamment :

  • les hormones de stress et de reproduction (biopsies cutanées),

  • le score corporel (photogrammétrie par drone),

  • les informations démographiques et comportementales.

Pourquoi c’est important

Bien que certaines populations de baleines à bosse montrent des signes de reprise démographique, elles restent exposées à de nombreuses pressions humaines (trafic maritime, pêcheries, pollution). Disposer d’indicateurs de santé fiables et peu invasifs est donc essentiel pour :

  • détecter précocement d’éventuels problèmes sanitaires,

  • comparer l’état des populations entre régions et entre années,

  • mieux orienter les mesures de conservation.

Perspectives

Ce projet vise à valider le microbiote respiratoire comme biomarqueur de santé chez la baleine à bosse. Le protocole développé, standardisé et réplicable, pourrait à terme être appliqué à d’autres espèces de mammifères marins.

En renforçant les outils de suivi sanitaire, cette recherche contribue directement à améliorer la conservation des baleines à bosse et des écosystèmes marins dont elles dépendent.