RECHERCHE SCIENTIFIQUE

« Comprendre pour mieux protéger »

CE QUE L’ON FAIT

Cétamada joue un rôle clé dans l’étude et le suivi des cétacés malgaches. Nous menons différentes études et utilisons plusieurs méthodes comme la photo-identification, l’enregistrement acoustique, le déploiement de caméras embarquées pour étudier les comportements et le suivi des migrations des animaux migrateurs notamment dans des zones clés comme le canal de Sainte-Marie et Nosy Be. Ces données alimentent une base nationale et internationale « Cétanet », contribuant à mieux comprendre les dynamiques des populations, leurs comportements et leur interaction avec les activités humaines. Nos résultats scientifiques sont publiés dans des journaux internationaux et ils ont contribué à orienter les politiques publiques et la gestion des aires marines protégées à Madagascar, tout en soutenant une gouvernance adaptée des ressources marines. La connaissance approfondie acquise à travers ces recherches est essentielle pour fixer les périodes et zones d’observation touristiques afin de limiter les nuisances. Par ailleurs, Cétamada travaille en collaboration avec des ONG, des institutions scientifiques, ainsi que les autorités publiques à l’échelle régionale et internationale, partageant données et connaissances pour renforcer la gouvernance des écosystèmes marins dans l’océan Indien.

Nos projets en cours

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  • Les baleines à bosse en compétition

    Chaque année, des baleines à bosse viennent à Sainte-Marie pour se reproduire et mettre bas. Durant cette période, les mâles entrent en compétition pour séduire les femelles. Pour gagner cette compétition, les mâles doivent accéder à la place d’escorte primaire, c’est-à-dire la position la plus proche de la femelle.

    Ils offrent alors de grands spectacles en surface : sauts, souffles, frappes de nageoires pectorales et de caudales. Cependant, une grande partie de la compétition se déroule sous l’eau et reste encore méconnue. Il reste notamment à comprendre si les mâles utilisent des vocalisations autres que des chants lors de ces compétitions et si les mâles les plus grands remportent plus souvent la compétition.

    Une autre façon pour un mâle d’augmenter ses chances de se reproduire est de suivre continuellement une femelle. Ce comportement, appelé « mate-guarding », est observé chez la baleine à bosse lorsqu’un mâle suit une mère accompagnée de son baleineau.

    Pendant longtemps, on a supposé que ces mâles étaient apparentés à la femelle ou au baleineau, mais des études récentes montrent que ce n’est généralement pas le cas. On suppose alors que ce mâle suit la femelle dans le but de se reproduire.

    L’objectif de ce projet est de comprendre les stratégies reproductives des mâles baleines à bosse. Il s’agit de mettre en lumière comment les mâles communiquent à travers leurs vocalisations (qui ne sont pas toujours des chants) lors des interactions avec les femelles et avec les autres mâles.

    Ensuite, ce projet vise à décrypter l’importance de la morphologie des mâles lors des compétitions et à déterminer comment leur taille et leur condition corporelle influencent leur succès reproductif. Enfin, il explorera la manière dont le « mate-guarding » se manifeste chez les baleines à bosse.

    Grâce à la caméra CATS, une balise multi-capteurs munie d’une caméra, il est désormais possible de suivre les baleines dans leurs habitats naturels. Cette balise, attachée aux baleines à l’aide d’une ventouse, permet d’enregistrer les sons, les mouvements et les comportements sous-marins.

    Pour étudier la taille et les comportements de surface des mâles, des drones seront utilisés. Ce projet permettra ainsi de mieux comprendre les comportements et les choix reproductifs des mâles baleines à bosse, contribuant à la compréhension et à la pérennité de l’espèce.

  • Doctorante :Manon Riou

    Encadrement : Jean-Luc Jung (MNHN) et Olivier Adam (SU)

    1 - Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité (ISYEB), Muséum National d’Histoire Naturelle, CNRS, Sorbonne Université, EPHE-PSL, Université des Antilles, 75005 Paris, France et Station Marine de Dinard du Muséum National d’Histoire Naturelle, 35800 Dinard, France

    2 - Institut d’Alembert UMR 7190, LAM, Sorbonne Université, CNRS, 75005 Paris, France

    Je m’appelle Manon Riou, lauréate 2025 du financement doctoral de l’Institut de l’Océan, et je mène mes recherches au laboratoire ISYEB (Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité). Mes travaux portent sur la biodiversité marine, avec un intérêt particulier pour les grands cétacés migrateurs. J’ai obtenu une maîtrise de recherche en océanographie à l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER-UQAR), au cours de laquelle j’ai étudié l’utilisation de la zone côtière sud gaspésienne par les cétacés, notamment dans un contexte de coexistence avec la baleine noire de l’Atlantique Nord.

    Mon sujet de thèse porte sur la baleine à bosse et vise à comprendre comment le comportement et la fidélité aux routes migratoires structurent la diversité de l’espèce. Cette diversité est abordée sous ses dimensions génétique et comportementale, notamment à travers les cultures vocales, en s’intéressant aux rôles respectifs de l’isolement par la distance et de la coévolution gènes-cultures. La thèse se concentre principalement sur les populations de l’hémisphère Sud, en particulier à Madagascar, dans le cadre d’une collaboration avec l’association Cétamada.

    Ce travail s’appuie sur une vaste collection d’échantillons de biopsie de l’Océan Indien et sur des enregistrements acoustiques collectés depuis 2013. La thèse est co-encadrée par Pr Jean-Luc Jung (MNHN) et Pr Olivier Adam (Sorbonne Université), spécialistes des cétacés.

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en adoptant une baleine

Ce programme unique vous permet d'adopter virtuellement une baleine à bosse de Madagascar et de soutenir ainsi des actions concrètes pour leur conservation.

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Madagascar, un des grands sanctuaires des baleines à bosse dans l’océan Indien, offre un cadre exceptionnel pour la recherche marine. Chaque année, Cétamada accueille des étudiants du monde entier en stage scientifique. En tant que stagiaire, vous participerez directement aux projets de recherche de l’association : observation et suivi des baleines, enregistrements acoustiques, etc. Vous évoluerez au sein d’une équipe pluridisciplinaire et engagée, en partenariat avec des instituts de recherche et des scientifiques renommés. Ce stage vous offre une formation multidisciplinaire mêlant terrain et laboratoire ; vous permettant de mettre en œuvre vos connaissances scientifiques sur le terrain tout en contribuant concrètement à la préservation des cétacés.

Les missions et contributions :

  • Participer à la collecte des données en mer : relevés visuels et acoustiques des baleines, photo-identification des individus et prélèvements biologiques destinés aux analyses génétiques.

  • Collaborer avec nos partenaires scientifiques : travailler aux côtés de chercheurs du CNRS, des universités et d’autres organismes de recherche sur des projets conjoints d’étude des baleines (exemple :l’écologie comportementale, la bioacoustique, etc.).

  • Contribuer à la recherche internationale : les photos-ID et échantillons recueillis alimentent les bases de données mondiales sur les baleines à bosse, enrichissant la connaissance globale de l’espèce et sa cartographie de migration.

  • Classer et analyser les données scientifiques : participation au traitement des données pour notre base de données Cétanet et la base de données mondiale HappyWhale.

  • Sensibiliser le public à la conservation marine : participer à la vulgarisation scientifique et aux actions d’éducation environnementale menées par Cétamada (présentations, ateliers éducatifs, création de supports pédagogiques).